L'association "Vêtements-sans-Frontiere" présente : travail sur place au village des Abricots avec Mica
"Jean-Claude,( le maire ) attend 10,000 rescapés.Il est vrai que certains ont des maisons familiales, mais pas tous, loin de là.
Il essaie d'obtenir qu'un bateau de secours accoste à Jérémie, mais je ne suis pas certaine qu'il l'obtienne. Les canadiens s'occupent de Jacmel et de Léogane et d'une troisième ville.
toutes les choses essentielles de la Grand'Anse viennent de Port-au-Prince, et rien pour le moment ne sort de Port-au-Prince: farine, carburant, huile, riz, savon, etc. Ca c'est pour la population actuelle. Que dire si tous ces gens déferlent sur les Abricots, et pourtant il vont le faire. Le président a demandé à tous ceux qui venaient de la province de rentrer chez eux.
Au wharf de Jérémie à Port-au-Prince, plus de 6000 personnes attendent pour embarquer
sur le bateau qui dit qu'il lui faut 22,000 gallons avant d'envisager un deuxième voyage. Parmi ces 6000 personnes il y a Ermite et Ludovic et leurs enfants qui étaient partis célébrer le mariage de leur frère. Ermite a pu m'appeler ce matin, mais le temps que je prenne le téléphone, la communication a été interrompue et pas moyen de la rappeler. Il est plus facile de nous appeler ici que d'appeler vers l'extérieur.
Aujourd'hui pas de pain aux Abricots. Louinès espère sortir de bonne heure pour essayer d'en trouver qui vienne de la boulangerie de la 4e section. Je t'ai dit que Prémis est vivant. Frantz est hospitalisé en République Dominicaine avec une jambe en très mauvais état. La commune est en deuil, toutes les familles ont perdu des membres très proches, même moi qui ai ma cousine, la fille de mon cousin qui lui avait été assassiné en d'autres temps.. Elle travaillait pour l'Hôtel Montana et est encore sous les débris. Aujourd'hui on a quand même trouvé deux survivants, une vieille dame de mon âge et quelqu'un de plus jeune.
J'espère que je garderai courage et énergie. Cela m'étouffe de voir les écoles fermées à cause d'un deuil national d'un mois. Je comprends bien pour les zones frappées, mais je trouve qu'aux Abricots, à Jérémie, cela ferait du bien aux enfants de se retrouver, de discuter, de se replacer, de comprendre ce qui les a frappés. Personne n'est de mon avis".